Diocèse d'Aix et Arles

Homélie de Mgr Christophe DUFOUR Lourdes – Basilique du Rosaire Messe d’engagement des hospitaliers – 19 juillet

« Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau »

 

Je ne connais qu’un seul hospitalier, un seul pour tous.

Je ne connais qu’un seul médecin, seul capable de guérir vraiment.

Comme je ne connais qu’un seul pasteur, le Bon, le Vrai.

Vous l’avez reconnu, cet hospitalier, ce médecin, ce Pasteur, c’est le Christ Jésus. C’est ce que disaient déjà Saint Augustin et d’autres Pères de l’Eglise : le Christ est notre médecin à tous. Ne sommes-nous pas tous malades ! Et c’est pourquoi nous venons tous à Jésus. Ici à Lourdes, c’est Marie qui nous conduit à Jésus, et Bernadette nous conduit à Marie. Pour être guéris… Nous qui ployons sous le fardeau du mal, du mal physique, mais aussi le mal moral, le mal spirituel, le mal du corps, et  aussi celui de l’âme, qui fait tant souffrir. Nous sommes tous atteints par le mal. Nous avons tous besoin d’être portés ; ici à Lourdes, avouons-le, ce sont aussi les malades qui nous portent et ils mériteraient eux aussi d’être médaillés.

 

Chers amis de l’hospitalité Sainte Marthe, en ce jour où vous renouvelez votre engagement dans cette basilique du Rosaire, et en cette année où nous sommes invités à prier le chapelet avec Bernadette, je veux vous parler de l’un de ces mystères du Rosaire, le troisième mystère lumineux, au centre des cinq mystères de lumière que le Pape Jean-Paul II a introduits pour que nous méditions la vie de Jésus. Ce mystère, c’est l’annonce du Royaume, proclamée dès les premiers mots de Jésus dans l’Evangile : « Le Royaume de Dieu est tout proche ».

Certes, le Royaume est caché, il est invisible à nos yeux, il est le cœur de Dieu. Il est comme une graine dans la terre, comme le levain de la pâte. Invisible, tout petit, mystérieux, mais puissant, d’une force capable de faire lever la pâte, de susciter un grand arbre et on pourra le dire un jour, de ressusciter les morts. Ce mystérieux Royaume de Dieu, le cœur du cœur de Dieu, invisible, caché, Jésus est venu le donner à voir. Par son enseignement souvent en paraboles. Par des gestes : il chasse les démons, il guérit les malades. Par des paroles fortes associées à ses gestes : « Tes péchés sont remis.    Va, lève-toi et marche ». Le cœur de Dieu, la puissance d’amour caché en Dieu, le mystère invisible, Jésus le donne à voir.

 

Vous connaissez cette page d’Evangile – nous l’avons lue ce matin avec les « Ravis de Bernadette » et les pèlerins du chemin de croix dans la montagne – cette page où quatre brancardiers de l’hospitalité de Capharnaüm viennent porter à Jésus un homme paralysé. Que fait Jésus ? Il l’accueille, il le regarde, il parle et il dit : « Tes péchés sont pardonnés » et puis « Lève-toi et marche ». Le médecin Jésus guérit d’abord l’âme, il guérit le cœur, le cœur pour aimer ; Jésus vient donner tout l’amour dont nous avons besoin pour tenir debout, l’amour qui crée l’amour, l’amour qui ressuscite. Ainsi, le Royaume de Dieu est paix, harmonie intérieure, joie, force, pardon, réconciliation. Ceci est l’œuvre de Dieu, le travail de l’Esprit Saint.

 

Chers Amis brancardiers, médecins, soignants de l’hospitalité Sainte Marthe, avouez que vous avez été touchés par le témoignage des personnes que l’on appelle « malades ». N’ont-elles pas guéri quelque chose en vous ? Ne vous ont-elles pas fait entrevoir quelque chose du mystère caché, de ce mystérieux Royaume de Dieu que Jésus a donné à voir : « Le Royaume de Dieu est proche, il se fait proche, il vient à vous » Et Jésus ajoute : « Convertissez-vous et croyez à l’Evangile ».

 

Convertissez-vous… Pendant ce pèlerinage, frères et sœurs, avez-vous confessé vos péchés ? « Venez, vous tous qui ployez sous le poids des fardeaux et je vous donnerai le repos ». Avez-vous goûté le repos de l’âme, le repos par le pardon des péchés ?

 

A vous qui allez renouveler votre engagement d’hospitalier, en cette basilique du Rosaire, je voudrais simplement rappeler que cette église a été demandée par la Vierge de Lourdes, Marie elle-même. C’était le 2 mars 1858, à la 13ème apparition, Marie dit à Bernadette : « Allez dire au prêtre de bâtir ici une chapelle et qu’on y vienne en procession ». Le jour où elle va voir le curé avec ses deux tantes, celui-ci lui coupe la parole et répond : « Menteuse, c’est quand même malheureux d’avoir une famille qui met le désordre dans la paroisse ! » Et aux tantes : « Retenez-le, empêchez-la d’aller à cette grotte ». Affolées les deux tantes ont pris la porte, Bernadette suit. Courageusement, elle retournera le soir au presbytère. Elle sera interrogée par le curé et les deux vicaires. Mais elle transmettra le message, elle pourra tout dire. C’est dit ! Et elle sortira en sautillant de joie : « J’ai fait ma commission ».

 

Je vous souhaite de savoir tenir parole comme Bernadette et d’aller jusqu’au bout de votre engagement. Vous avez fait l’expérience de la joie, pas seulement de servir, mais aussi d’être portés, relevés, pardonnés, ressuscités : c’est la joie du Royaume. Allez dire… Allez dire la joie que vous avez reçue à Lourdes. Apprenez les mots pour dire le message que vous avez entendu. Apprenez-le ensemble, par la relecture de votre pèlerinage. Il ne suffit pas de dire : « C’était bien, c’était super ». Nos contemporains ont besoin d’entendre de vous des mots qui toucheront leur cœur et leur intelligence. Que la Vierge de Lourdes vous offre les mots pour le dire.

 

Nous confions votre engagement chrétien à la prière de Notre-Dame de Lourdes et de Sainte Bernadette.

 

Amen !

 

 

 

 

 

 

 

 

le 25 juil 2012. inséré dans Paroles d'archevêque. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Les commentaires et les pings sont actuellement fermés.

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