Diocèse d'Aix et Arles

Homélie de Mgr Christophe DUFOUR – Messe du jour de Pâques 8 avril 2012

La nuit est finie. Il n’y aura plus de nuit. L’histoire du monde est illuminée pour toujours par la lumière du Christ ressuscité, la lumière de l’Eternel Amour venu en notre humanité. La lumière de Pâques chasse les ténèbres du mal et des forces de la mort. Tel est le cœur de notre foi de chrétiens : en Jésus, Dieu est venu chasser les ténèbres, en Jésus l’amour a vaincu la mort, le Christ ressuscité est la lumière de l’Eternel Amour qui éclaire à jamais toute l’histoire passée et à venir, depuis le commencement jusqu’à la fin du monde. Le croyez-vous ?

Comment pouvons-nous croire ? On me dit que de nombreux baptisés ne croient pas en la résurrection. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi chrétienne est vaine, elle s’effondre, elle perd toute sa force et sa cohérence. Il est vrai que nous avons des raisons de douter. J’en vois au moins deux.

Première raison de douter : nous ne voyons pas, nous n’avons pas de preuve. Et il est vrai que nous éprouvons certains jours le sentiment du vide, de l’absence. « Je ne sens pas Dieu, je ne sens pas la présence du Christ ressuscité » me disent souvent des jeunes. Mais l’amour non plus ne se voit pas. Vous êtes là devant moi, vous portez sûrement de beaux secrets d’amour, mais je ne les vois pas. L’amour ne peut se donner à voir que par des actes, des preuves d’amour. Dieu n’a-t-il pas, lui aussi, un secret d’amour ? Il a voulu nous le dire en Jésus, une fois pour toutes. En Jésus, Dieu nous a prouvé son amour, il l’a donné à voir. Le croyez-vous ?

Mais il y a une deuxième raison de douter qui est plus radicale : c’est l’épreuve du mal, les épreuves qui nous touchent personnellement, le mal qui frappent les innocents. Objection radicale à la victoire de Dieu sur le mal. Qu’y a-t-il de changé depuis la mort de Jésus ? Un Dieu bon, un Dieu qui nous aime ne laisserait pas faire tout ce mal !
C’est ce qu’ont pensé les premiers disciples de Jésus lorsqu’ils ont vu leur Maître se laisser traîner comme le dernier des condamnés et se laisser crucifier sur la Croix. Comment Dieu pouvait-il laisser faire cela ? Ils en furent désespérés. Judas lui-même espérait que Jésus, au nom de Dieu, prendrait le pouvoir, serait plus fort, qu’il serait le roi juste, parfait, qui ferait régner justice et paix sur la terre. Une certaine forme de religion le penserait encore aujourd’hui, une forme de religion qui voudrait imposer la loi de Dieu au sein des Etats, par la force s’il le faut. Ce n’est pas la méthode de Dieu en Jésus. Il s’est laissé conduire à la croix, comme un agneau innocent et doux que l’on mène à l’abattoir. Satan avait-il gagné, les puissances du mal qui avaient tué l’innocent étaient-elles vainqueurs ? Certains jeunes font ce choix, emportés dans des sectes sataniques : puisque le mal est le plus fort, disent-ils, nous choisissons le camp de Satan.

Cette deuxième raison de douter est radicale. Pouvons-nous croire que le Christ est ressuscité et que, comme l’affirment les apôtres Pierre et Paul, nous sommes ressuscités en lui ? Oui, nous pouvons le croire, en mettant notre confiance dans le témoignage de ceux qui l’ont annoncé, et dont le témoignage, de siècles en siècles, est venu jusqu’à nous.

Témoignage de Pierre et de Jean devant le tombeau vide : « Il vit et il crut » témoigne Jean le matin de Pâques. Témoignage de Pierre devant le centurion Corneille, petit lieutenant de l’armée romaine, et qui fut parmi les premiers à croire que « ce Jésus, rempli de l’Esprit Saint, qui faisait tant de bien mais que des bourreaux ont fait mourir sur la Croix, ce Jésus, Dieu l’a ressuscité et nous a chargé de témoigner ».

Témoignage de tant de saints de notre tradition chrétienne. Je voudrais citer seulement Edith STEIN, devenue sainte Marie Bénédicte de la Croix. Philosophe d’origine juive, athée, brillante professeur à l’université dans ses jeunes années. Et voilà qu’un jour elle apprend que l’un de ses bons amis est mort à la guerre, lui aussi philosophe, converti à la foi chrétienne quelques années auparavant. Elle court voir sa femme, elle pense la trouver en pleurs. Elle la trouve sereine et confiante, dans la douleur certes, mais remplie et rayonnante d’une douce paix. Edith Stein se dit en elle-même : ce Dieu-là est vrai, le Dieu de Jésus-Christ. Le reste de sa vie en témoignera, jusqu’au martyre.

Je pourrais citer aussi les témoignages des catéchumènes dont j’ai reçu les lettres et qui ont été baptisés dans la nuit de Pâques. Tous me disent que leur vie en a été transformée, qu’ils sont devenus plus doux, patients avec les autres, et qu’ils goûtent une grande paix intérieure. En s’ouvrant au don de la foi, ils ont accueilli dans leur vie quotidienne la présence du Christ ressuscité, ils marchent désormais en sa présence.

Chers amis, frères et sœurs, la foi est un trésor fragile, aussi fragile que la petite flamme de nos cierges que nous allumerons dans un instant au cierge, au feu de l’amour du Christ. Veillez à l’entretenir, par des moyens tout simples :
- Un oratoire à la maison, y allumer une petite bougie pour la prière à la maison.
- Ouvrir le livre des Ecritures, la Bible, la Parole vivante de Jésus, l’ouvrir seul, ou en groupe, en famille.
- S’exercer chaque jour à aimer nos proches, avec douceur et patience.
- Boire à la source de l’Amour que sont l’Eucharistie et le sacrement du pardon.

Frères et sœurs, ne demeurez pas dans les ténèbres, venez à la lumière, et que la joie du Ressuscité vous soit donnée en surabondance en cette nuit de Pâques.

le 11 avr 2012. inséré dans Paroles d'archevêque. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Les commentaires et les pings sont actuellement fermés.

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